Une phlébite, ou thrombose veineuse, est un caillot de sang qui se forme dans une veine, le plus souvent dans une jambe, selon l’Assurance Maladie. Elle nécessite un avis médical rapide : seul un médecin peut la confirmer, et le traitement repose avant tout sur les médicaments anticoagulants.
Les bas de contention viennent en complément. En cas de phlébite, profonde ou superficielle, l’Assurance Maladie indique que la contention est indispensable dès le diagnostic, sauf contre-indication, et qu’elle doit être portée au moins trois mois. Elle aide à estomper les symptômes et à limiter les complications. Elle est aussi utilisée, sur prescription, pour prévenir la phlébite dans les situations à risque, comme après une opération ou pendant un alitement.
Des bas ou chaussettes ne remplacent jamais un avis médical, et encore moins un traitement anticoagulant.
Suspicion de phlébite = consultation rapide ; essoufflement ou douleur thoracique = 15 ou 112 ;
phlébite confirmée = anticoagulants + contention prescrite, au moins trois mois selon l’Assurance Maladie, durée exacte fixée par le médecin ;
prévention = contention sur prescription dans les situations à risque, avec mouvement et hydratation.
Phlébite : de quoi parle-t-on exactement ?
On distingue deux formes, selon la veine touchée :
- la phlébite profonde (thrombose veineuse profonde), quand le caillot se forme dans une veine profonde de la jambe ;
- la phlébite superficielle, aussi appelée paraphlébite, quand il concerne une veine proche de la peau, souvent une varice.
La forme profonde est la plus à risque, car le caillot peut migrer vers les poumons : c’est l’embolie pulmonaire.
L’Assurance Maladie cite plusieurs facteurs favorisants : une opération chirurgicale, surtout orthopédique, avec un risque maximal dans les deux semaines qui suivent ; un alitement après un accident ; un long voyage sans bouger les jambes ; la grossesse et la période qui suit l’accouchement ; la contraception œstroprogestative ; certains cancers ; la perte d’autonomie.
Quels signes doivent faire penser à une phlébite ?
Les symptômes d’une phlébite profonde sont inconstants : elle peut même passer inaperçue, précise l’Assurance Maladie. Quand ils sont présents, on peut observer :
- une douleur dans le mollet ;
- une sensation de jambe lourde ;
- un gonflement, avec un mollet nettement plus gros que l’autre ;
- une peau plus chaude, parfois bleutée ou violacée.
Selon l’Assurance Maladie, la douleur n’est présente que dans environ 60 % des cas : son absence ne suffit pas à écarter une phlébite.
La phlébite superficielle se présente plutôt comme un cordon rouge et chaud sous la peau, souvent au niveau d’une varice.
Attention à ne pas confondre : des chevilles qui gonflent toutes les deux en fin de journée n’ont pas la même signification qu’une jambe qui gonfle d’un seul côté. Notre article sur les chevilles gonflées, leurs causes et les solutions fait le point sur ces différences. En cas de doute, consultez.
Quand appeler le 15 ou le 112 ?
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si vous ressentez :
- une respiration difficile, un essoufflement ;
- une douleur brutale dans la poitrine ;
- un cœur qui bat anormalement vite ;
- un malaise ou une perte de connaissance ;
- des crachats contenant du sang.
Ces signes peuvent évoquer une embolie pulmonaire. N’attendez pas que cela passe : appelez les secours.
Comment le médecin confirme-t-il le diagnostic ?
Selon l’Assurance Maladie, un dosage des D-dimères négatif permet d’écarter rapidement une phlébite. S’il est positif, l’écho-doppler veineux, examen de référence, permet de visualiser le caillot. Il est aussi utile en cas de phlébite superficielle, car une phlébite profonde y est associée environ une fois sur quatre.
Bas de contention et phlébite : quel est leur rôle dans le traitement ?
Le traitement d’une phlébite profonde repose sur les anticoagulants, poursuivis pendant plusieurs mois. La contention est un complément, prescrit par le médecin.
Ce que dit l’Assurance Maladie :
La contention élastique « est indispensable dès le diagnostic de phlébite ou de paraphlébite », sauf contre-indication médicale. « Elle doit être portée pendant au moins trois mois. »
Elle permet d’estomper rapidement les symptômes, comme la douleur et le gonflement, et de limiter les risques de complications. Quand elle n’est pas portée en permanence, elle s’enfile avant de se lever du lit.
La durée exacte, le type de bas et la pression sont fixés par le médecin, selon votre situation. Ne les arrêtez pas de vous-même.
Les bas préviennent-ils le syndrome post-thrombotique ?
Après une phlébite profonde, certaines personnes gardent des séquelles : gonflement chronique, varices, voire ulcères. L’Assurance Maladie parle de maladie post-phlébitique ; les médecins utilisent aussi le terme de syndrome post-thrombotique.
Sur ce point, les données sont plus nuancées qu’on ne le pense souvent. Une revue Cochrane mise à jour en 2017 a analysé 10 essais portant sur 2 361 personnes. Elle conclut que la compression pourrait réduire la fréquence du syndrome post-thrombotique, mais pas celle de ses formes sévères, et que la qualité des données est mauvaise.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la durée de port après une phlébite se décide au cas par cas, avec votre médecin.
Et en cas de phlébite superficielle ?
Pour une paraphlébite, l’Assurance Maladie indique qu’une compression par bandage peut être conseillée, et qu’un anticoagulant peut être prescrit si elle est étendue. L’essentiel est d’abord d’éliminer une phlébite profonde associée.
Bas de contention pour prévenir la phlébite : dans quelles situations ?
Après une opération
La Haute Autorité de Santé recommande la compression en cas d’intervention chirurgicale à risque thromboembolique veineux. L’Assurance Maladie ajoute que le lever précoce avec marche est préconisé dès que possible, et cite l’intervention chirurgicale parmi les situations où un traitement anticoagulant est nécessaire : son indication et sa durée sont fixées par le médecin.
La durée de port dépend du type d’opération : nous la détaillons dans notre article sur les bas de contention après une opération.
Pendant un alitement
En cas d’alitement, la HAS recommande un port des deux côtés, jour et nuit, dès l’admission et tant que persiste le risque. C’est l’une des situations où la compression se garde aussi la nuit.
Dans la vie quotidienne, la règle est en général inverse : la contention se retire au coucher, comme l’explique notre article sur le fait de dormir avec des chaussettes de compression.
Lors d’un long voyage
Selon l’Assurance Maladie, un voyage en avion, surtout s’il dépasse 4 heures, peut favoriser une phlébite. Elle conseille une contention de classe 2 en présence d’au moins un facteur de risque, de bouger très souvent les pieds, de faire des mouvements de flexion-extension des chevilles et de boire régulièrement des boissons non alcoolisées.
Retrouvez nos conseils pratiques dans notre guide sur les chaussettes de contention en avion. Si vous avez déjà fait une phlébite, parlez-en à votre médecin avant le départ.
Phlébite et bas de contention : les précautions à connaître
Toutes les phlébites ne se traitent pas de la même façon. La HAS classe deux formes particulières parmi les contre-indications absolues à la compression : la phlegmatia caerulea dolens, forme grave avec compression des artères, et la thrombose septique, associée à une infection.
L’artérite des jambes est, elle aussi, une contre-indication majeure. Pour la liste complète, consultez notre article sur les contre-indications des bas de contention.
Et les chaussettes de compression du quotidien ?
Les chaussettes de compression vendues pour le confort ne sont pas des bas prescrits. Les chaussettes NELOW, par exemple, ne sont pas un dispositif médical et ne relèvent d’aucune classe de compression médicale : elles ne traitent pas une phlébite, ne la préviennent pas et ne remplacent jamais une contention prescrite.
Si vous avez eu une phlébite, demandez à votre médecin ce que vous pouvez porter une fois le traitement terminé.
FAQ — Phlébite et bas de contention
Combien de temps porter des bas de contention après une phlébite ?
L’Assurance Maladie indique au moins trois mois, dès le diagnostic. Ce n’est pas une durée maximale : le guide de la compression de la Société Française de Médecine Vasculaire (2022) prévoit des durées différentes selon le type de phlébite, parfois bien plus longues. La durée exacte est fixée par votre médecin, selon la localisation du caillot, l’évolution et vos symptômes.
Les bas de contention suffisent-ils à soigner une phlébite ?
Non. Le traitement d’une phlébite profonde repose sur les anticoagulants, prescrits par un médecin. La contention vient en complément pour soulager les symptômes et aider à limiter les complications.
Faut-il garder ses bas de contention la nuit après une phlébite ?
Cela dépend de la prescription. L’Assurance Maladie précise que, lorsque la contention n’est pas permanente, elle s’enfile avant de se lever. Pendant un alitement, la HAS recommande au contraire un port jour et nuit. Suivez les consignes de votre médecin.
Peut-on marcher avec une phlébite ?
L’Assurance Maladie indique que l’immobilisation doit être la plus brève possible. C’est néanmoins votre médecin qui vous dira quand et comment reprendre la marche, une fois le traitement débuté.
Quelle classe de bas de contention en prévention d’une phlébite en voyage ?
Pour un voyage long, l’Assurance Maladie mentionne une contention de classe 2 en présence d’au moins un facteur de risque de thrombose. Elle précise aussi qu’un modèle mi-cuisse est jugé plus confortable qu’un modèle sous le genou. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
En résumé
La phlébite nécessite un avis médical rapide et se traite avant tout par des anticoagulants. Les bas de contention, prescrits par le médecin, l’accompagnent pour soulager la jambe et limiter les complications, pendant une durée fixée par le médecin (au moins trois mois selon l’Assurance Maladie).
En prévention, ils ont toute leur place dans les situations à risque, toujours sur avis médical. Et devant un essoufflement ou une douleur dans la poitrine, un seul réflexe : le 15 ou le 112.
Sources
- Phlébite : définition et facteurs favorisants — Assurance Maladie (ameli.fr)
- Phlébite et paraphlébite : symptômes et diagnostic — Assurance Maladie (ameli.fr)
- Traitement de la phlébite et de la paraphlébite — Assurance Maladie (ameli.fr)
- Prévenir la phlébite — Assurance Maladie (ameli.fr)
- Fiche de bon usage — La compression médicale en prévention de la thrombose veineuse (2010) — Haute Autorité de Santé
- La thérapie de compression pour la prévention du syndrome post-thrombotique — Cochrane (2017)
- Guide de la compression, La Lettre du Médecin Vasculaire n°61 (2022) — Société Française de Médecine Vasculaire
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.